Category Archives: Soutiens individuels

Message reçu d’un riverain qui lutte pour préserver Schoppach

Bonjour, certains le savent déjà, d’autres peut-être pas encore : le sort de Schoppach, d’Arlon et plus largement de la Wallonie sera au cœur d’un dossier de 5 pages qui paraîtra dans Le Vif L’Express de ce jeudi (30 janvier), consacré à l’essor des projets immobiliers et des problèmes qu’ils posent au niveau du cadre de vie. Avec des éclairages édifiants d’experts extérieurs renommés sur le cas d’Arlon et de Schoppach.

Merci c’est grâce à vous tout ça.

Soutien gastronomique à la Zablière

Tous les vendredis (ou presque), GEORGES PIRONET nous apporte de délicieux plats (dont ceux sur les photos), qu’il cuisinent avec soin ! 😊

Par soucis de cohérence vis à vis de leur engagement envers la protection de la nature et leur volonté de réduire leur empreinte carbone, les zadistes sont le plus souvent végétariens/végétaliens.

Dès lors les plats cuisinés sont tous VEGAN, avec la majorités des aliments de saisons et épices provenant du marché bio d’Arlon et autres commerces bio locaux en circuit court.

Vous pouvez vous régaler avec les yeux ou vous remémorer des plats dégustés en cliquant ici.

Merci encore Georges😃

(les légendes sont sous les photos)

Message de soutien de Nat Rb

Chers Zadistes,

J’avais besoin de vous dire

que vous êtes admirables,
que vous êtes merveilleux,
que vous êtes vaillants et courageux,
que vous êtes de l’espoir,
un joyau pour la Nature et pour les Zumains.

Je suis ici, sous mon toit magique,
je décide de rester là pour veiller sur ma jeune pousse.
Mais mon cœur ce matin, désire vous dire à quel point,
il aimerait être là avec vous!
Que la tendresse vous accompagne,
Que la force vous habite,
Que le partage continue de vous guider.

Je vous envoie à tous, aussi nombreux soyez vous,
tout l’amour d’un humain non mutant.
Une zumaine qui vous suit de tout son cœur.
Et qui a besoin de vous dire

MERCI

Lettres aux administrateurs d’Idelux – Cécile van Hée

Mesdames, Messieurs les administrateurs d’Idelux,

Si je vous écris aujourd’hui, vous vous en doutez, c’est pour apporter mon soutien à la zad…
Pour vous expliquer tout ce que ça représente pour moi.

La zad c’est un symbole, celui de la lutte de ma génération, celle de vos enfants qui ont décidé de défendre ce qu’il nous reste de planète, de terre sauvage, de futur…
La zad c’est une idéologie, une philosophie, une inspiration! Celle que l’on devrait tous avoir de construire un monde meilleur
La zad c’est la concrétisation des marches pour le climat, la cristallisation de la frustration des citoyens de ne pas être entendu par vous: les politiciens, les décideurs…
La zad c’est l’espoir que vous comprendrez qu’il faut changer notre mode vie
La zad c’est l’incarnation d’un futur possible, celui où on s’entraide, on s’écoute!

La zad c’est un groupe de jeune qui a des idéaux, des rêves… ceux que vous voulez nous volez!
La zad c’est les zadistes bien sûr, mais c’est aussi les citoyens qui s’intéressent, qui commencent à s’éveiller, à se questionner sur vos décisions, sur notre futur

La zad, ça vous fait peur! Et je peux comprendre…

Qui n’a pas peur du changements? Qui n’a pas peur de l’inconnu?

Mais vous rappeler vous vos rêves de vos 20 ans?

Et bien voilà…

Notre rêve à nous, c’est celui d’un lieu où les décideurs prendront des décisions novatrices d’alliance avec la nature, des idées nouvelles où on laisse une place à la nature, où on accepte que certaines choses ne servent à rien… des décisions qui ne rapporteront peut-être pas autant de dividendes mais où vous sentirez au fond de vous que vous avez pris la bonne décision. Des idées qui allieront enfin vos principes et vos actes!

Alors s’il vous plaît, montrez-nous qu’on peut encore croire en nos rêves!

Mesdames et Messieurs d’Idelux, je viens vous parler de grains de sable…

A Mesdames Carmen Ramlot, Anne Laffut et à Messieurs Philippe Bontemps, Elie Deblire, Francis Demasy, Marc Gauthier, Vincent Wauthoz, François Kinard, Vincent Magnus, Bernard Moinet, Alain Deworme, Guy Gilloteaux, Michel Jacquet, Benoit Piedboeuf, Yves Planchard, Philippe Courard, Francis Steifer, président et membres du Conseil d’administration d’Idelux, à Mesdames et Messieurs les observateurs et les invités du Conseil,
Je vous écris de ma jeune soixantaine. Vous connaissez peut-être mon nom, il vous rappellera alors l’Opération Villages Roumains en 1988 où avec les communes de Belgique et d’Europe – dont toutes les communes de la province du Luxembourg – nous avions combattu et vaincu le plan de destruction de milliers de villages par le pouvoir roumain, sous Ceausescu.
Il vous rappellera aussi les guerres de Yougoslavie où nous avions bâti au cœur même de villes en conflit des “ambassades de la démocratie locale”, avec les communes et les villes d’Europe – et même avec le Conseil de l’Europe – et de nouveau avec les communes du Luxembourg.
Il vous rappellera peut-être aussi le G1000, avec David Van Reybrouck et bien d’autres, lançant un processus participatif dont l’influence et l’héritage sont durables, par exemple en Communauté germanophone toute proche où existe désormais un parlement des citoyens.
Il vous évoquera aussi peut-être les chroniques que je tenais à la radio publique et où je m’échinais à rappeler que la terre est ronde, même si l’écran est rectangulaire.
Si je viens vous trouver sur votre écran rectangulaire, c’est pour cette même raison : parce que la terre est ronde. Et aussi parce que je dois bien vous l’avouer : vous m’avez l’air de tourner carré.
Mais je viens à vous en confiance : parmi vous 11 conseillers sur 14 sont des babyboomers, comme moi. J’ai donc quelque espoir qu’ils se souviennent de ces moments où les communes et les citoyens ont participé pleinement à l’histoire de leur temps.
Dans quelques heures, vous allez avoir à décider du sort de la Zad de la Sablière d’Arlon et, partant, de l’avenir de la Sablière même. Vous pourrez voter l’expulsion des zadistes, vous pourrez faire place nette pour le zoning industriel que vous projetez.
Je voudrais vous dire que nous avons une chance, vous et nous aujourd’hui. Cette chance, c’est que vous soyez les premiers à arrêter la main de ce qui nous blesse. La Sablière n’est pas la seule situation qui préempte aujourd’hui notre avenir. Bien des choses qui n’ont pas commencé exigent de ne pas être entamées. C’est le cas de la 5G, de Ali Baba, des contournements routiers et autoroutiers et de cent autres situations et bien entendu de la transformation de 31 hectares de sablière en zoning industriel. De gros dossiers qui vont impacter et influencer notre avenir écologique et aussi social sont sur la table. N’aggravons pas la situation avec des projets dont nous pouvons déjà discerner l’impact négatif sur l’environnement carbone et sur le vivant.
C’est là notre chance, votre chance, d’être les premiers à faire jouer le principe de précaution. En pleine COP 25. Vous pouvez faire cela.
Vous le devez aussi.
Car sinon, c’est reconnaître que le monde est destiné à aller « comme ça », parce qu’on a toujours fait « comme ça ». C’est-à-dire l’inverse de ce progrès que vous semblez appeler de vos vœux.
Car sinon, quel signal montrerez-vous ? Que vous n’avez pas compris le danger qui nous guette ou plutôt que, l’ayant compris, vous choisissez de l’aggraver plutôt que le combattre ?
Voyez-vous, on appelle partout à une écologie des petits gestes, à économiser l’énergie, à trier ses déchets, à limiter son empreinte carbone et voilà que le bétonnage de 31 hectares compterait pour rien ? N’aurait aucune influence ? Vous pensez vraiment cela ?
Avez-vous par exemple fait l’exercice du coût en carbone de votre projet de destruction et de bétonisation ? L’avez-vous fait ? Avez-vous calculé combien va nous coûter, collectivement, l’abattage des arbres, le retournement des terres, la bitumisation, la construction d’entrepôts et d’ateliers, le charroi qui en partira, les produits que l’on y fabriquera, avez-vous calculé cela ? Je vous pose la question : peut-on véritablement lancer un tel projet sans avoir fait ce calcul ?
Chaque mètre carré retourné, chaque arbre abattu sapent un peu plus les possibilités que nous aurons, collectivement, de rendre la planète habitable pour les générations déjà nées et à naître. Prenez vos calculettes, calculez.
Je ne vous appelle pas à la raison puisque la raison est précisément ce que vous invoquez pour défendre votre projet. Non, je vous appelle au déraisonnable, à l’audace. Je vous appelle au risque plutôt qu’au danger. Je vous appelle à permettre à l’avenir de venir.
N’expulsez pas la ZAD. Et si vous ne pouvez arrêter tout de suite ce projet insensé, votez au moins un moratoire pour le zoning. Afin de permettre aux opposants de calculer cette dépense carbonique dont je viens de parler, de construire leur dossier et de le comparer au vôtre. Cela me paraîtrait de saine justice.
Et tant que j’y suis, je vous demanderai aussi de fournir les moyens financiers de cette contre-expertise. Vous savez, un citoyen qui paie des impôts, dont une part sert à financer vos études, doit pourtant repayer une deuxième fois s’il décide de contester tel ou tel projet. Par exemple, si vous décrétez que tel arbre doit être abattu parce qu’il est malade je n’ai pas d’autre choix que de payer moi-même une contre-expertise si je veux prouver le contraire. Vous voyez, rien n’est juste dans ces affaires. Vous n’avez pas à vous encombrer de payer de votre poche vos opinions. Nous, si. Et vous n’avez pas à dormir dans les bois dans un automne brumeux et froid pour vous faire entendre. Eux, si. Vous savez, ces zadistes que vous voyez comme des dangers encagoulés sont peut-être parmi les plus sensibles de vos fils et vos filles.
Vous devriez être fiers que l’on défende votre région. Et tant pis s’ils ne sont pas d’Arlon ou si elles ne sont ni luxembourgeoises ni peut-être même wallonnes.. Et alors ?
Est-ce que Arlon serait à Arlon ce que l’Amazonie serait à Bolsonaro ? Chacun chez soi quand le feu brûle partout ? Ce monde dont le cœur et l’esprit rétrécit peut en effet penser comme ça. Et croire qu’il est des choses qui appartiennent quand même la pluie qui tombe nous est donnée.
Nous avons une chance aujourd’hui, vous et nous.
Soyez les premiers.
Une ardeur d’avance.
Je vous souhaite une excellente réunion.
Paul Hermant, chroniqueur, marcheur et acteur des temps présents, grain de sable.

Lettre aux administrateurs d’Idelux – Gabriela Caceres

Habitante d’Arlon je me permets de vous interpeller en tant que membre du conseil d’administration d’IDELUX, intercommunale qui représente les citoyens de la province du Luxembourg et qui est censée agir pour le bien des habitants des communes qui en font partie.

Je suis inquiète.

Je suis inquiète parce qu’un groupe de jeunes a décidé de réagir face à la menace de destruction de la planète, face à l’urgence climatique qui ne peut plus attendre et cela semble laisser la plupart des politiques indifférents. Ces jeunes sont courageux, déterminés. Ils nous ouvrent les yeux sur notre passivité face à la détérioration de notre environnement depuis plus de 40 ans dans la province. Partout, la nature est écrasée, elle disparaît sous le poids des projets immobiliers. Nous avons vu des hectares de verdure disparaitre pour en faire des zonings d’entreprises dont quasi aucune ne paie des impôts dans notre pays. Nous avons vu également disparaître des dizaines d’espèces de papillons et d’oiseaux, tout comme beaucoup d’autres espèces.

Je suis aussi inquiète parce qu’il n’y a plus d’emploi humain, mais des jobs « parasites » qui n’apportent aucune plus-value humaine. Bien évidemment, nous vivons une période de crise, de changement d’époque, alors quel intérêt peut avoir, à l’heure actuelle, la création d’emplois sans se questionner sur le monde de demain ? N’entendez-vous pas le cri d’alarme de la planète qui nous impose de penser les choses différemment ?

Je suis inquiète parce que le monde politique a réagi de manière agressive à l’interpellation posée par ces jeunes. Des violences ont eu lieu dans notre province, causées par le bourgmestre d’Arlon qui a mis la ville en état de siège pour rien, en suscitant la peur chez les habitant·e·s et en criminalisant l’action pacifique et légitime d’un groupe de citoyen·ne·s.

Dans ce cadre, je me demande donc que fait IDELUX pour rendre la vie des habitant·e·s plus heureuse ? Comment pensez-vous répondre aux enjeux de nos jours ?

Je voudrais vous prier de demander un peu d’humanité à votre prochain conseil d’administration. Nous ne voulons pas que ces jeunes qui défendent leur futur soient agressés, soient gazés et mutilés par la police, risquent de mourir en fuyant vers l’autoroute ou en tombant du sommet de la falaise de la sablière parce que IDELUX a fait envoyer des agents de police pour les expulser par la violence.

Ces jeunes sont nos et vos enfants. Ils ont le droit d’espérer un futur pour cette planète. Or ce que je vois depuis que je suis née, c’est une inéluctable dégradation des conditions d’existence et une destruction qui s’accélère de cette planète dont nous ne sommes que locataires. Agir maintenant et repenser nos modes de vie n’est plus une option mais une obligation de notre époque et en tant qu’adultes de ce monde, nous n’avons plus le droit à l’erreur.

Je me permets de vous inviter, Monsieur /Madame, à prendre votre responsabilité publique en mains et à dire non à l’expulsion de nos jeunes de la ZAD ! Leur présence est une opportunité de construire un avenir possible.

J’espère que nous pouvons compter sur vous pour nous représenter.

Recevez, chère Madame / cher Monsieur, mes salutations respectueuses

Lettre aux administrateurs d’Idelux – Anonyme

« J’ai appris l’existence de la sablière d’Arlon il y a un peu plus d’un mois. Vous vous doutez bien, c’était à l’occasion de la naissance de la zone à défendre (ZAD) d’Arlon. J’ai essayé de comprendre, de me documenter… et depuis, les militants de la zablière ont tout mon soutien.

Je voudrais partager avec vous quelques réflexions totalement sincères et je le fais en m’adressant aux êtres humains que vous êtes, avant d’être politiques ou administrateurs d’IDELUX… pour, peut-être nourrir votre réflexion avant la réunion du CA ce vendredi.

Cette ancienne sablière, c’était un terrain communal (donc un bien commun…), classé comme zone à grand intérêt biologique ( c’est toujours présenté comme telle sur le site internet de la Wallonie), vendu ensuite à une intercommunale pour un prix de terrain constructible (!) pour y installer une énième zone d’activité sur la ville d’Arlon.
Cela devient difficile à suivre mais si je comprends bien, cette zone a dû être reclassée.
Le prix fort (pour une friche polluée) a été payé (si néanmoins je comprends toujours bien) avec les subsides wallons (donc avec l’argent du contribuable…) alors, en toute logique, ce terrain, c’est toujours un bien commun ?

Alors mon courrier concerne évidemment l’expulsion de la ZAD que vous avez maintenant le droit de demander.
Allez-vous le faire sans vous poser toutes les questions vraiment pertinentes ?
Allez vous prendre cette décision sans penser aux autres possibilités ?
Allez vous envoyer la police pour expulser par la force ces personnes complètement pacifistes ?

Dans ce petit bois quelques dizaines de (plus ou moins… ) jeunes gens sont en train de vous questionner.
De nous questionner tous.
Au sujet de l’artificialisation des terres, de la disparition des zones naturelles, de cette course mortifère au développement économique, des politiques de notre pays…

Sauf que là, les riverains ont l’air de ne plus vouloir l’accepter.
Sauf que là, les activistes sont venus parfois de loin pour marquer le coup et dire « stop » à ce genre de projet.
Sauf que là, ils ont un très large soutien de vos riverains mais aussi des personnes extérieures à votre commune.

Ne vous trompez pas ! Il ne s’agit pas uniquement de cette ancienne sablière. Il s’agit des toutes ces terres arables, zones naturelles etc qui continuent à disparaître pour laisser la place aux projets démesurés, inutiles… autorisés par les gens qui manquent de vision.
Êtes-vous des personnes qui manquent de vision ?

Si nos… vos enfants vous demandent de pouvoir expérimenter une autre approche de la nature, êtes vous capable de remettre en question votre manière de voir les choses ?

Vous avez le pouvoir de faire expulser par la force (donc, FORCÉMENT avec violence !) ceux qui occupent le terrain depuis le 26 octobre sous prétexte que c’est votre propriété. Mais n’oubliez pas que la ZAD, ce n’est pas uniquement les personnes dans le petit bois. C’est aussi un réseau de plus en plus élargi des personnes qui les soutiennent.
Si nous sommes de plus en plus nombreux à les soutenir, cela reflète peut-être une réflexion beaucoup large, une prise de conscience de plus en plus globale , le désir de plus en plus fort de tenter à laisser à nos enfants un monde viable.

Vous avez ainsi l’opportunité de devenir un pionnier , proposer un vrai débat, un référendum, un laboratoire de la permaculture à l’échelle de la ville… je suis sûre que, avec d’autres acteurs autour de la table ( ou d’un feu !) , tout le monde pourrait rêver d’un autre avenir pour cette sablière… et vous devez les entendre !

C’est à nos enfants que nous empruntons la Terre.

Si les riverains ne veulent pas de votre projet, si tous ces activistes mettent autant d’énergie pour l’empêcher, si le soutien est de plus en plus fort (et ce, dans les quatre coins du royaume et même en dehors de ses frontières !) c’est que, peut être il y a quelque chose à entendre ?
Quand bien même, ce fameux papillon n’a plus été répertorié sur le site, est-ce une raison de bétonner ?
Il n’y aurait que des Lombrics à sauver, cela vaudrait déjà le coup car leur population s’effondre dans l’indifférence totale sur toute la planète.

Je me permets de rêver ( j’assume!) d’une décision de votre part qui reflétera autre chose que la confirmation du rapport des forces, le besoin d’affirmer son pouvoir et son autorité, le profit à court terme . ..
Je me permets de rêver et de partager ma vision des choses avec les humains que vous êtes. Pour certains, vous revendiquez les valeurs humanistes. Vous y croyez vraiment ?
Les Zadistes sont pacifiques, cultivé.e.s, sensibles, engagé.e.s, avec des valeurs très hautes… ils expérimentent ce que nous pourrions appeler « utopie ».

L’action des zadistes : une opportunité de remise en question

Réflexion de Brigitte Pétré, ancienne administratrice d’IDELUX

En 2017, Idelux a informé son conseil d’administration, dont je faisais partie, qu’il souhaitait acheter la Sablière à la Ville d’Arlon, pour les raisons déjà évoquées: besoin de place pour les petites entreprises afin de ne pas manger des terres aux agriculteurs, création d’emplois, sols pollués qui seraient décontaminés, zone périurbaine de peu d’intérêt… Toutes les qualités d’un bon projet.

C’était en 2017. Il y a seulement 2 ans. Il y a déjà 2 ans…

🏭 En quelques années, les projets qui verront le jour à court, moyen et long terme se sont multipliés sur Arlon: pseudo éco-quartier à Schoppach, transformation du site de la briqueterie en nouveau quartier, golf au Bois d’Arlon, sans oublier les 27ha de Seymerich où la ville envisage 700 logements… Et bien sûr le zoning de Sterpenich dévolu à de grandes enseignes et des activités récréatives ou encore le projet de nouveau centre commercial avenue de Longwy, tandis que le centre-ville continue de se vider…

🌍 En quelques années, le changement climatique s’est accéléré et ses effets se font sentir chaque jour. Les rapports scientifiques se succèdent, accablants, pour alerter, dénoncer un changement bien plus rapide que prévu, nous exhorter à prendre des mesures immédiates pour stopper l’effritement du vivant et l’effondrement des sociétés .

🍏 Nous sommes nombreux, ces dernières années, individuellement, à changer notre alimentation, manger moins ou plus de viande et de poisson, acheter local et sans emballage, utiliser le vélo plutôt que la voiture, décider de posséder moins, envisager des alternatives à l’avion, voire questionner le sens de notre métier… J’en fais partie. La plupart de mes actes passent, plus qu’avant, par une réflexion sur leur impact écologique et social. Je ne crois pas, je ne crois plus, au dogme «plus de croissance, plus de technologie, plus de marché susceptible de résoudre tous nos problèmes».

☀️ Face à la question climatique, il est fréquent que la responsabilité soit renvoyée au citoyen-consommateur. Oui, il faut faire sa part, mais les gestes individuels, même radicaux sont loin d’être suffisants, car «nous dépendons tous d’un cadre socio-technique, qui nous dépasse, fondé sur la consommation massive d’énergie» (Paul Jorion).

💰 La dynamique économique et la création d’emplois de proximité sont nécessaires, mais une prise en compte de plus en plus importante de la limite de nos ressources naturelles, du changement climatique et des contradictions de notre économie fondée sur une croissance sans fin s’impose progressivement à tous. A Arlon, l’action des Zadistes sur le site de la Sablière est une formidable opportunité de se remettre en question. Au-delà de la question et de la préservation de la biodiversité sur ce site précis, c’est un déclencheur pour repenser notre développement local. Et, plus largement le développement économique voulu par Idelux sur l’ensemble de la province.

↗️ Oui, en 2 ans ma réflexion et mon positionnement ont évolué. Ceux des bourgmestres et présidents d’intercommunale peuvent aussi changer. Espérons-le. Les Zadistes, eux, ne se trompent certainement pas de combat et Notre Dame des Landes a démontré que des combats «illégaux» amènent parfois les décideurs à changer de position.

«La biodiversité, nous en faisons partie : la nature, c’est nous. Nous ne sommes pas à côté d’elle. Dès que l’on admet cela, on comprend que détruire les écosystèmes revient à s’auto-agresser, qu’opposer la protection de la nature d’un côté à la création d’emplois et au court terme économique de l’autre est d’une totale stupidité». Gilles Bœuf, biologiste, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle, in Le Monde.