Réflexions

Vite une cabane ! 

Dans le cadre de l’émission « La Compagnie des Poètes » sur France Culture, interview de Marielle Macé, auteure de Nos Cabanes.

« Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l’écoute renouvelée de la nature – des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent –, dans l’élargissement résolu du parlement des vivants, dans l’imagination d’autres façons de dire nous. »


« À partir du moment où on obéit comme des machines, désobéir devient un acte d’humanité » – Frédéric Gros

« Personne ne peut désobéir à notre place, on est les seuls à pouvoir se mettre au service des autres devant les injustices du monde. On a des devoirs envers soi de désobéissance pratique, c’est une manière de se respecter soi-même. Se soucier de soi-même, c’est être unique pour bien se soucier des autres et du monde. »


Jacques Rancière : « La ZAD n’est pas le paysage de notre temps, plutôt un paysage qui symbolise les luttes de notre temps. »

« Le terme même de ZAD est issu du langage administratif où il désigne la disponibilité d’un territoire pour un aménagement planifié. De ce point de vue-là, c’est un non-paysage. Le paysage est en effet un espace à disponibilité limitée, un espace qui échappe aux opérations de maîtrise et d’exploitation. C’est cette signification du paysage qui s’est exprimée quand le sigle ZAD a changé de sens et que la zone à aménagement différée est devenue une zone à défendre. La défendre, je le disais auparavant, c’est défendre à la fois un espace utile (à l’agriculture et à la vie) et un espace soustrait aux contraintes de l’utilité, un espace qui est les deux à la fois. Dira-t-on pourtant que la ZAD est le paysage de notre temps ? C’est plutôt un paysage qui symbolise les luttes de notre temps, un point de rencontre entre les pratiques d’occupation qui appartiennent à la tradition de la lutte sociale et des pratiques militantes nouvelles nées du combat écologique.»


Le chant des oiseaux a beaucoup à nous apprendre

Quelques mots de Vinciane Despret, auteure entre autres du livre « Habiter en oiseaux ». Elle a généreusement acceptée de signer la préface du livre à paraître « A vol d’oiseaux – poésie depuis la ZAD d’Arlon. »

« Les oiseaux visiblement ont imaginé d’autres manières d’occuper des territoires, d’être résidents d’un « chez-soi » qui sont des manières d’usage plutôt qu’en termes de propriété, qui sont des manières d’habiter, de partager, d’être en rapport avec d’autres. L’imagination des territoires qui est majoritaire pour le moment en Europe et en Belgique notamment, c’est un imaginaire de petit bourgeois, on est des propriétaires.

Arriver à imaginer qu’un autre monde est possible, que les choses auraient pu arriver autrement. On va pas faire comme eux mais on va pouvoir recommencer à imaginer que d’autres façons de penser étaient possibles. »