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Réponse au MeRde

Le MR – Mouvement Réformateur a appelé IDELUX à accélérer la procédure d’expulsion de la ZAD, sous prétexte de l’urgence sanitaire et de non-respect du confinement.

Voici notre réponse :

Vous parlez de la réduction politique de l’aménagement du territoire à de l’urbanisation bétonnée des lieux verts. Mais qu’est-ce donc alors si ce n’est pas cela ?
Chaque jour, de nouveaux projets de bétonnisation apparaissent partout en Belgique, et ailleurs. Certains font juste plus de bruits que d’autres.
L’autoroute de Wavre, le zonning de Perwez, Ineos à Anvers, la friche Josaphat entre Schaerbeek et Evere, Alibaba à Liège, le parc Léopold à Namur, la tente événementielle à Rixensart, la « Zone artisanale » à Schoppach, la méga-prison à Haren, l’usine à tarmac à Assesse, l’usine d’enrolage bitumineux à Sart-Bernard, des quartiers en projet à Val-Saint-Lambert, à Uccle ou à Liège, un parcours d’accrobranche dans le bois du Val, des logements de luxe à la Plaine de l’ULB, un énième « éco-village » à Lessive, le Grand Bois Commun, …
La liste est extrêmement longue et pourtant très loin d’être complète.
En regardant objectivement, il apparait que votre « aménagement du territoire » est exactement cela. Il n’est rien d’autre que de l’urbanisation bétonnante des espaces verts.

Il est également prouvé que la croissance économique détruit systématiquement l’écologie et le vivant sans jamais penser ni aux lendemains, ni aux générations futures. L’économie ne pense qu’à elle-même, quel que soit le parti politique. La frénésie change en fonction que l’on soit du MR, du CDH ou du PS, d’Écolo. Mais le résultat est le même. Il y a toujours plus de projets inutiles et imposés. Des éoliennes aux zoning, en passant par les « éco-quartiers ».
La « problématique verte », pour l’économie est en réalité plus un problème de trouver qu’il y trop de nature incontrôlée, qui ne rapporte donc rien puisqu’elle échappe à son pouvoir insatiable, que de vouloir défendre les espaces verts autres que ceux qui constituent vos jardins, parcs et forêts privés, entourés de barrières.

De plus en plus de gens se mettent en lutte face à cette destruction toujours plus grande. Vous en avez pourtant l’habitude et vous proposez et demandez toujours une « alternative » au projet que vous aviez prévu. Vous changez les termes qui les désignent pour mieux faire passer la pilule, pour tout de même réussir à construire quelque chose.
Ce que vous n’avez pas l’air d’avoir compris, c’est que nous ne voulons pas d’alternatives, autant que nous ne voulons pas du projet originel. Nous ne voulons pas du projet, quel qu’il soit.
Nous voulons que cela reste comme cela est à présent, et même le restaurer. Nous voulons expérimenter des modes de vies plus résilients, avec des savoirs-faire artisanaux. Nous voulons plus de nature vivante. Nous voulons moins de béton.

Vous parler de discussions constructives, mais où sont-elles ? Où sont-elles lorsque, malgré les interpellations à la commune, les pétitions, les recours contre les permis d’urbanisme, et les actions non-violentes, les lettres ouvertes, les interpellations via les médias, votre seule réponse est le silence, et/ou le mépris? Nous n’appelons pas ça des « discussions constructives » mais de l’imposition de projets sans discussion aucune par une caste bourgeoise déconnectée de la vie de terrain. Vous ne voyez la vie que via de la paperasse posée sur vos bureaux. L’intérêt général des citoyens que vous arborez n’est qu’un terme qui cache votre intérêt propre. Car dès lors que des gens sont désignés citoyens, il est facile de mettre au ban de la citoyenneté celles et ceux qui ne rentrent pas dans vos cases et justifier les violences. Habitant.es des quartiers, militant.es, zadistes,…

Et lorsqu’on pousse cette logique de plus en plus, on justifie les meurtres commis par le pouvoir au nom de la lutte contre les voyous, les « dealer de shit », les terroristes. C’est à cause de l’idée de citoyenneté que vient la non-citoyenneté, ou les « citoyens de seconde zone », qui elle-même mène au pires horr-heures de l’histoire.
#JusticePourAdil

Où est également l’intérêt général citoyen lorsqu’une première ministre d’un gouvernement minoritaire, ex-ministre du budget sous le gouvernement Michel, ment à la population en disant que tout est sous contrôle pendant une pandémie alors que les masques FFP2 commandés sont à chaque fois inutilisables, et que sa collègue ministre De Block a sciemment détruit la réserve de stock précédent, que le personnel soignant meurt de fatigue et du Covid-19 par manque de protections ?
Où est l’intérêt général quand, dans les experts du déconfinement, il a surtout des économistes et des analystes du social mais personne pour penser aux dégâts psychologiques et émotionnels qu’a créé le confinement ? Même au niveau économique, vous ne savez penser qu’aux grosses entreprises en oubliant tout l’horeca, les artistes, et tout.es les pauvres.
Le covid-19 nous invite à repenser le monde et vous arrivez encore à ne penser qu’à l’économie et la croissance.
Ce n’est pourtant pas étonnant de la part d’un parti d’extrême-droite.

Vous parlez d’exclusivité idéologique de notre part avant de dire plus loin l’exact inverse en affirmant que la ZAD est constituée de gens à la « vision candide » de la société et d’autres qui seraient des individus « violents » et agressifs. L’exclusivité idéologique est de votre côté. Là où nous discutons, partageons nos arguments, et changeons d’avis, de positions, ou pas, au fil des débats, vous ne faites que suivre l’idéologie de la croissance et du « fric partout, nature nul part ». Vous ne faites que suivre les délires techno-fascistes de quelques Trump, Bolsonaro, Macron et autres dictateurs.
Ne venez donc pas nous faire de leçons sur cela. Ni sur la démocratie, que vous avez vidé de son sens pour faire passer les pleins pouvoirs comme légitimes et démocratiques alors qu’ils ne sont ni légitimes, ni démocratiques. Il n’y a qu’une minorité de gens qui ont voté pour le MR aux dernières élections, et personne n’a choisi ce gouvernement. Ni les précédents d’ailleurs. La constitution d’un gouvernement dite « à la belge » est une vaste blague, qui n’a rien de démocratique.

Vous nous accusez de détruire et de polluer le site de Schoppach.
Entre la destruction d’une forêt et d’une zone de Grand Intérêt Biologique et l’occupation de cette dernière afin d’en empêcher sa destruction, quel est le projet le plus destructeur et polluant selon vous ?
Qui du libéralisme ou des zadistes est venu détruire la colline de sable, mettre des pneus, des déchets toxiques, de la ferraille et de l’amiante sur le site ?
Lequel des deux est venu construire une autoroute et des nationales autour de cette zone, coupant par là même une grande forêt en plusieurs compartiments ?

Souligner le fait qu’il y a ECO au début du mot « économie » ne rend pas écologique un projet qui ne l’est pas. Vous devez être bien à court d’idées pour invoquer ce genre d’arguments aussi bas et stupides. Et ne parlez pas de retard pour un projet d’ores et déjà annulé par la présence de résistance!

Tant que nous parlons d’arguments très bas, parlons (encore) de celui du non-respect du confinement. Celui-là, on nous l’a déjà servi à toutes les sauces, nous en avons l’habitude.
Ça en est même devenu drôle tellement c’est risible, facile et petit de la part de nos opposants. Nous prenons cette pandémie avec beaucoup plus de sérieux que vous et vos chiens de garde que sont les flics. D’ailleurs, le Covid 19 n’est jamais rentré sur la ZAD. Alors que 75% des entreprises que vous tenez tant à reouvrir pour sauver l’économie (bien avant les gens) ne respectent aucunement les mesures de protection contre le covid-19.
Nous apportons de la solidarité là où vous n’apportez que la misère et la désolation.

Face à tant de violence sociale, économique et de mépris de votre part, la violence et l’incivisme ne seront que de la légitime défense de notre part.
Tout votre argent et vos belles paroles ne feront jamais revenir nos mort.es ni ne calmeront notre rage et notre envie de justice.

Nous vengerons nos mort.es
Ni oubli ni pardon

La « tristement célèbre » ZAD d’Arlon

Communiqué des OISEAUX aux ANIMAUX SAUVAGES

{ Pour une gestion “ éco – logique “ de la Sablière. }

Il y a de cela quelques années, les observations scientifiques menées sur la Sablière de Schoppach à Arlon, mettaient en lumière la présence de nombreuses espèces animales et végétales typiques de la région (site de grand intérêt biologique n°756 sur biodiversité.wallonie.be) et l’opportunité environnementale que représentait la diversité des niches écologiques présentent sur le terrain, à condition d’y appliquer une gestion de l’espace favorisant la pérennisation de ces dernières.
La Sablière, gérée et entretenue, selon les conseils des naturalistes, procurerait un habitat à long terme pour certaines des espèces les plus fragilisées par l’urbanisation galopante. Hirondelles de rivage, crapauds calamites, lézards des souches, tritons alpestres, tritons crêtés, pics noirs, alouettes lulu, rapaces, insectes pollinisateurs et plantes rares.

MAIS,

aujourd’hui, en dépit du bon sens, les pouvoirs publics nous présentent un tout autre projet ; celui d’un zoning industriel, dont les plans bouleverseraient irrémédiablement la nature du terrain. En matière d’écologie, nous ont-ils expliqué, la Sablière ne vaudra bientôt plus rien. Faute d’entretient depuis les observations de terrain faites par les experts, le biotope s’est dégradé et les dernières espèces dites “intéressantes” auront bientôt déserté les lieux! Telle fut donc la stratégie mise en place par les autorités compétentes : laisser pourrir ce qu’il y a d’exceptionnel, pour déclarer ensuite qu’il n’y a plus rien à préserver !

NOUS,

Oiseaux de la Sablière, Tritons crêtés, Hiboux, Abeilles, cloportes, entités inertes, rampantes et volantes, NE LAISSERONS PAS MOURIR NOTRE REFUGE.
A l’appel du Conseil de la Forêt, en dépit de la pollution et des menaces, nous œuvrerons à la réhabilitation de nos mares, à la sauvegarde de notre prairie humide, resterons attentifs à l’implantation des espèces invasives et ferons respirer à nouveau notre falaise.

ENSEMBLE, nous veillerons sur la Zone de grand intérêt biologique de la Sablière de Schoppach !

Aux animaux sauvages
A nos amis
ZAD PARTOUT

Communiqué suite aux intimidations et au harcèlement de la police d’Arlon

Intimidations, harcèlement : la police d’Arlon s’amuse à créer des attroupements

Quelques jours avant la fin de mars, les contrôles, les coups de pression et les survols de la ZAD par drones se sont accentués. Et il semble clair que la police fédérale et la police d’Arlon profitent de la crise du Covid-19 pour préparer sans doute une expulsion à la fin du confinement.

A la date du 1er avril, l’accumulation de contrôles, de coups de pression, d’amendes, d’espionnages, d’arrestations arbitraires – voire racistes – en centre-ville, a ramené sur la ZAD, restée calme jusqu’ici, un climat de tension inutile en ces temps où la solidarité devrait primer.
Quelques zadistes sont venus à la rencontre de l’équipe de pilotage des drones présente sur zone afin de négocier une « trêve ». Nos ami.es, après avoir reçu des rafales de sarcasmes (l’un des policiers prétendait prendre des images historiques et/ou artistiques en vue de la victoire de la zad et de ne pas vouloir filmer nos visages), ont réussi à négocier un peu de paix. Parole non-tenue par les gardiens de la paix qui, 30 minutes plus tard, renvoient leur drones sillonner la zone, depuis l’arrière des bâtiments d’Idélux. Le règlement d’utilisation du drone stipule que les agents pilotes doivent toujours l’avoir en vue afin de le faire voler, ce qui était géographiquement impossible. Ces deux agents ont donc commis un espionnage illégal.

Suite à cela, des combis de police, dont des fédéraux, ont tourné durant une bonne partie de l’après-midi, en profitant au passage pour nous insulter, nous faire des doigts d’honneur et même nous pointer avec leurs armes de service (pistolet de poing – qui tirent à balles réelles – et des FN303).
La police sera-t-elle prête à tuer pour un zoning ? En tout cas, les principaux effets de ces contrôles en ville et de ces incursions sur la zad sont de créer les attroupements qu’ils sont censés empêcher.

Ces provocations ont entraîné de notre part une réponse à la mesure de l’agression commise par des agents dont la mission sera de nous expulser, nous garder à vue, voire nous tabasser afin qu’une intercommunale opaque et anti-démocratique puisse construire un énième zoning industriel sur une Zone de Grand Intérêt Biologique.
Nous rappelons que nous défendons cette zone justement pour empêcher cela, et quiconque voudra faire cesser le vol des hirondelles sera chassé.e de ce bois. Ici nous ne faisons qu’interrompre le désastre en cours et peut-être créer un monde où le coronavirus serait impossible.
La violence est du côté de ceux qui veulent casser les forêts et emprisonner celles et ceux qui les défendent.
La violence est du côté de ceux qui détruisent les hôpitaux, à Arlon ou ailleurs, qui maltraitent le personnel de santé en les soumettant à des cadences de plus en plus infernales, sabrent dans les finances de la santé une fois ministre du budget puis, devenue première ministre sans majorité, les exhorte à mettre en péril leur santé au nom du sauvetage de la nation et de l’unité nationale.

Pendant et après le confinement, la ZAD sera toujours du côté du personnel de santé en lutte contre ceux dont les choix politiques et économiques inconséquents nous ont amené à la crise en cours.

#GareàLaRevanche #OuiAuMaintienDeLHopitalDArlon #LaSantéEnLutte

Communiqué suite à l’action policière pour la coupe d’arbres

Lundi matin, 16 mars, la police est venue défendre la destruction des arbres (sur 20 mètres de large, au lieu de 5 habituellement) qui longeaient la bretelle de sortie juste à côté de la ZAD.
C’est une énième tentative d’intimidation, avec les contrôles d’identités qui ont repris récemment.

Nous ne laisserons pas faire la destruction de la nature, ni ici, ni ailleurs!

ZAD partout!

Vidéo

Communiqué suite au courrier de Magnus sur la tempête

Cher bourgmestre Magnus,

Nous apprécions de voir votre souci de notre bonne santé (courrier ci-dessous).
Votre touchante inquiétude par rapport aux scolytes ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà.

Quand à votre affirmation selon laquelle la démarche idéologique des occupants ne peut en aucun cas justifier la mise en péril de la vie des personnes, elle est sujette à plaisanteries parmi nous.
C’est la mise en péril de nos vies dans un système corrompu qui explique que nous prenions des risques sur un terrain illégal.

Dans toutes les strates de notre société, le profit est privilégié à la bonne santé des habitants. Les industries, maîtres de notre cadre de vie, n’est-ce pas là une mise en péril de la vie des personnes ?

Le gouvernement, passif devant les besoins primaires de notre époque, ne peut rester en charge de construire le monde de demain.
L’élite qui profite de l’épuisement des ressources communes ne peut rester maître de l’usage des terres.

Il est donc impératif de développer un mode de vie en accord avec notre environnement.
Confronté.es aux vents, aux intempéries, confronté.es à nous-mêmes, libres, nous apprenons à vivre ensemble et à nous organiser par nous-mêmes. Nous partageons un mode de vie expérimental riche en connaissances.
Nous nous épanouissons avec dignité et selon nos principes. Nous vivons au cœur de la nature, et nous nous connectons à l’essentiel.

Nous ne quitterons pas la zone sous prétexte que certains arbres peuvent tomber. Nous en profiterons pour développer notre sens de la nature et la compréhension que nous avons d’elle.

Si, tel que vous le dites, la mission de la commune est de faire jouir les habitants d’une bonne police, alors, elle ne doit pas s’opposer aux désirs de ces dits habitant.es.

La Zablière

Communiqué sur les conséquences de la tempête Ciara

Un article paru aujourd’hui dans L’Avenir parle de dégâts impressionnants sur la Zablière qui auraient été causés par ce déchaînement de la nature dans la nuit de dimanche à lundi, avec à l’appui, la photo d’un arbre déraciné.

La réalité est bien différente : l’arbre en question était couché au sol avant la tempête, comme d’autres arbres photographiés figurant sur le site web du journal. Et peu de leurs congénères sont tombés durant celle-ci. De plus, il n’y a pratiquement aucun dommage sur les installations. L’Avenir a-t-il cherché à vendre du papier ? Ou le journaliste méconnaissait l’état des lieux avant son reportage ?

Afin d’éviter blessures et dégâts, nous avons agi avec prévoyance et de manière autonome, sans solliciter l’aide des autorités et en mettant en œuvre des mesures de protection. La vie y a maintenant repris son cours normal.

VIVE LA ZABLIÈRE !

Communiqué – Inauguration de la Zone d’Artisanat en Décroissance

Vendredi 31 janvier 2020, nous avons fêté l’inauguration, sur le site de la Sablière à Arlon, de la première ZAD 0.-1 de Wallonie devant l’entrée principale d’IDELUX, drève de l’Arc-en-Ciel, avec nos meilleurs bœufs.

Espace naturel accueillant toute activité et non-activité, toute initiative et contestation
• qui n’épuise pas la terre mais la régénère
• qui nourrit les relations entre humains et appuie l’émancipation de chacun.e
• qui épouse le rythme lent de la nature et construit la résilience.

Nous profitons de cette fête pour remercier la direction et le CA d’IDELUX de permettre, depuis 3 mois, aux jeunes et moins jeunes occupants de la Sablière, de vivre pleinement des modes d’existence de simplicité volontaire et de frugalité heureuse et d’avoir ouvert le débat avec les habitants de nos territoires sur les enjeux qui les concernent.

Nous ne doutons pas que, conscients des défis majeurs sociaux et écologiques auxquels est confrontée notre société, ils soutiendront la poursuite de cette expérimentation salutaire.

Le collectif éphémère des petits-gris

Voir aussi les photos, les vidéos et l’article de journal.

Communiqué suite à la décision d’expulsion par le C.A. d’Idelux

Votre conseil d’administration réuni ce vendredi 6 décembre, a décidé de lancer la procédure d’expulsion des occupant.es de la Sablière. Cette décision fait suite à une campagne diffamatoire que vous avez menée conjointement avec les autorités locales et fédérales, et relayée servilement par certains médias. Il s’agit officiellement de justifier le déploiement hallucinant de moyens et d’effectifs policiers le 29 novembre pour une manifestation préalablement et clairement annulée ; dispositif aussi justifié par la menace que pouvait représenter les zadistes en nous attribuant une série de faits soit faux, soit non-applicables à l’ensemble des occupant.es, ou visant à criminaliser des acteurs de mouvements sociaux. En réalité, cette campagne vise à instaurer un climat de peur dans la population arlonaise et à nous discréditer, nous occupant.es qui luttons pour la préservation de la nature autrement que par des pétitions et des marches.

Il est clair que les enjeux dépassent largement l’avenir du site de la Sablière. C’est à une confrontation entre deux mondes à laquelle nous assistons. L’ancien qui promeut un développement qui passe par la tronçonneuse, les tractopelles et l’artificialisation des sols (créant ainsi de nouvelles espèces menacées) avec des mesurettes pour protéger les espèces en voie de disparition ; qui craint de voir les occupations se multiplier face au désastre écologique ; et dont les promoteurs ne subiront pas les conséquences de leurs décisions dans 30 ans. Le nouveau monde, lui, a entendu et pris au sérieux les multiples alertes lancées par les scientifiques du monde entier sur l’urgence de la prise de mesures radicales, maintenant, pour sauver le vivant sur la planète. En ce sens, vous avez raison, nous sommes radicaux/radicales. Nous ne pensons plus en termes de légalité mais en termes de légitimité.

Ce que vous appelez « radical » est pour nous synonyme de conviction et de détermination. Mais à propos des personnes pacifistes, comment osez-vous déclarer qu’elles seront celles qui arrêteront de croire et d’agir pour leurs convictions ? Vous confondez peut-être, étrangement, pacifisme et obéissance à la police. Vous, Idelux, tentez de nous diviser en cherchant d’abord à désigner des “méchants” au sein du groupe, qui imposeraient leurs choix aux « gentils », aux « pacifistes », aux raisonnables. Mais nous ne fonctionnons pas comme vous. Nous nous respectons et n’imposons pas de décisions à autrui. Aucune division entre « pacifistes » et « radicaux » ne peut être faite. Quiconque avec quelconque mode d’action prenant les problèmes à leurs racines est radical.

Vous en appelez à notre raison pour qu’on quitte la zone, mais c’est bien celle-ci qui nous a fait venir et nous fera rester. Là est le but d’une Zone A Défendre : nous ne partirons pas avant l’abandon du projet de zoning, cette position est claire depuis le début. Vous nous avez proposé de « dialoguer », mais peut-être faut-il repréciser ce qu’est un dialogue ? Vos approches n’ont été jusqu’à présent que de l’ordre de la négociation, voire un simple coup de com. Nous ne négocierons pas la destruction de la Sablière.

Cependant, nous n’avons jamais été contre le fait de dialoguer avec vous, c’est-à-dire de confronter nos discours. C’est entre autres ce qu’a permis l’existence de la ZAD ; un débat public, un dialogue où sont enfin écoutées les différents parties. Le vote de l’expulsion vise donc à étouffer cette discussion que vous n’aviez pas daigné avoir, et ce même suite à une pétition rassemblant plus de 12.000 signatures. Quoi d’autre justifierait de nous expulser maintenant alors que vous rappelez régulièrement qu’il n’y a pas d’urgence à votre projet de zoning ? De plus, occuper le terrain ne signifie pas pour nous un choix affirmé en faveur de l’illégalité, mais plutôt l’unique solution effective quant à cette situation.

Vous nous imputez la décision de l’expulsion mais ce choix est uniquement le vôtre. Vous décidez de nous expulser, nous choisissons de res(is)ter. Vous vous dites raisonnables et entendez imposer votre autorité par la force ? Votre raison aura raison de ce monde.

Communiqué – État de siège à Arlon

Depuis une semaine la sûreté de l’État met un climat de terreur sur Arlon. Arrestations arbitraires, insultes racistes et homophobes, profilage à la gare et rumeur d’une manifestation qui engendrerait le chaos dans le centre ville (alors que cet impressionnant dispositif répressif crée justement le chaos !)

Force nous est de constater que malgré l’annulation de la manifestation, prévue pour aujourd’hui, afin d’apaiser les tensions, ça n’a pas suffi à démontrer notre bonne foi et notre volonté de dialogue.

Nous subissons une répression disproportionnée, un état de siège, une cinquantaine de combis et 2 auto-pompes à 6 min de la Zablière, une vingtaine de policiers à cheval, des centaines de places de parkings interdites, deux sorties d’autoroute fermées, un hélicoptère qui tourne autour de celle-ci depuis 10h ce matin comme si nous voulions poser des bombes …

Venez nous soutenir, ils ont pété les plombs!

Communiqué – Rappel de l’annulation de la marche de la lutte des territoires

LA MARCHE INITIALEMENT PRÉVUE CE VENDREDI 29 NOVEMBRE N’AURA PAS LIEU !
Au vu de l’imposant dispositif policier mis en place, il semble important de repréciser cette information.

Samedi dernier, la manifestation a été publiquement annulée via les réseaux sociaux. Malgré cela, les zadistes et les arlonais.es constatent une ordonnance policière lourdement coercitive :

Article 1 – L’interdiction générale portée par l’article 73 du Règlement général de police relatif aux manifestations sur la voie publique, interdisant de se dissimuler le visage par le port d’un masque ou tout autre moyen, est précisé comme suit : « le port de masques, foulards, cagoules qui couvrent l’entièreté ou une partie du visage est interdit ».
Article 2 – Tout rassemblement de plus de cinq personnes est interdit en-dehors du parcours de la manifestation.
Article 3 – Les autorités de police sont autorisées à contrôler les vêtements et les biens personnels de toute personne en lien avec la manifestation et à procéder à la saisie administrative des objets pouvant être dangereux.
Article 4 – Les autorités de police sont également autorisées à procéder à des arrestations administratives à titre préventif et en cas d’infraction à la présente ordonnance.
Article 5 – La présente ordonnance sera d’application le 29 novembre 2019 à partir de dix heures jusqu’à la fin de la manifestation.
Article 6 – Un recours contre la présente décision peut être déposé par voie de requête au Conseil d’Etat, dans un délai de 60 jours à partir de sa prise de connaissance.

On observe, depuis ce jeudi après-midi, et ce malgré l’article 5 de l’ordonnance policière, un important déploiement policier ainsi que le maintien des interdictions de stationnement/circulation sur certains axes du centre et de la périphérie d’Arlon.

A cela s’ajoute au moins une arrestation administrative préventive d’une personne qui se rendait à pied de la gare au bois de Schoppach. Il est important que celles et ceux qui désirent se rendre sur zone et même à Arlon ce vendredi soient au fait de l’ordonnance policière.

Les zadistes tiennent donc à rassurer une nouvelle fois les autorités et espèrent ainsi endiguer le climat de répression qui pèse actuellement sur Arlon.

Les occupants de la Sablière